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Rendez nous nos indiens

Dans les cours de récré, déjà il fallait choisir son camp. A l’issue d’interminables CHIEN-LOUP ou CHOU-FLEUR, on finissait toujours avec le gros Kevin dans les cages et le petit Pascal à l’aile. Après, comme pour les cowboys et les indiens, on choisissait son équipe… Et là, il y avait toujours les arabesques magiques des brésiliens contre les tacles assassins des argentins, les OM-PSG d’avant le chic des pétroliers puis plus récemment, les galactiques de Madrid contre les stratosphériques de Barcelone,… Mais cette semaine, un certain M. Tebas, au front décidément très bas, a envisagé une Liga sans Blaugrana, une équipe d’Espagne sans la crème catalane,… En voilà un qui a choisi son camp. 

A l’heure où l’Argentine ne semble plus faire le bonheur et les brésiliens se font davantage remarquer par le prix de leur maillot que par la qualité de leurs passes, à l’heure où nous idoles sont passées du casque d’or ensanglanté au casque d’or (à tous les sens du terme) shampouiné, de nouveaux chocs ou derbys se profilent et font plutôt peur. Hormis le fait que l’Ukraine n’ira pas en Russie (quelle ironie du sort), on peut s’inquiéter de certains duels potentiels : d’un sulfureux Irlande du Nord-Eire juste éviter pour une question de tête de série, aux possibles Serbie-Croatie ou Etats-Unis-Iran sur les terrains pas très neutres de Russie… Des noms qui résonnent, des souvenirs de conflits pour lesquels choisir son camp, c’est aussi mourir.

Alors qu’est-ce qu’il nous reste, au moment où même la droite et la gauche sont devenues has been ? Au moment où celui qui était dénommé « Mas que un club » est traité désormais de club à la masse ? Au moment où les indiens ont quasiment disparu de la planète et où les cowboys modernes mangent dans des box en bord de rocade ? En tous cas, moi j’ai encore envie de choisir mon (Nou) Camp…